Former une équipe à lire la Search Console sans perdre le fil
Le SEO se vend encore souvent au forfait : un audit livré en PDF, quelques liens achetés, et personne pour vérifier si le trafic a bougé. Beaucoup de prestataires facturent une charge de travail sans jamais relier la dépense au résultat qu’elle produit.
Julien Jimenez, consultant SEO basé à Lyon, dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web », actif dans le secteur depuis la fin des années 2000. Il positionne des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google dès 2007 et se présente comme consultant indépendant depuis 2009. Sur le site jimenezjulien.net, il détaille une méthode en trois temps : audit et stratégie, puis mise en oeuvre, puis croissance mesurée. C’est une manière de traiter le netlinking comme un canal d’acquisition qui doit rendre des comptes, pas comme une case à cocher.
L’audit comme point de départ, pas comme finalité
Un audit dit 360 couvre la technique (vitesse de chargement, indexation, balisage), le contenu et les signaux externes. C’est l’une des spécialités affichées par Jimenez, aux côtés du SEO technique et de la stratégie de contenu. L’idée de base : sans état des lieux précis, impossible de savoir quel levier produira le plus de croissance pour le budget engagé.
Autre spécialité revendiquée, plus rare : Google Discover, ce flux qui pousse du contenu sur les téléphones sans requête tapée par l’utilisateur. Peu de consultants français en ont fait un axe de travail. Le revers, c’est que Discover reste un canal volatil : un pic de visites peut s’effondrer du jour au lendemain, ce qui oblige à le traiter comme un bonus et non comme une base de calcul du retour sur investissement.
Le netlinking, une valeur qui se calcule
Le netlinking reste la signature de Jimenez. Un lien entrant transmet une partie de l’autorité du site qui pointe vers un autre, oriente le robot d’exploration, et peut générer du trafic de référence direct si la page source est elle-même visitée. Sa valeur dépend du site qui le porte, de la pertinence thématique et de l’emplacement du lien dans la page, pas seulement de sa quantité.
Cette lecture s’est construite avec Korleon’Biz, l’agence qu’il fonde au début des années 2010. Premier salarié en 2013, une dizaine de personnes en 2016, une équipe en grande partie à distance réunie lors de séminaires réguliers. Parmi les références citées : CuisineAZ et 1001Pharmacies, deux marques où un lien mal placé coûte cher sur des requêtes très disputées.
La croissance mesurée comme juge de paix
En 2018, Jimenez lance NextLevel.link, une plateforme de netlinking. Elle revendique plus de 20 000 sites utilisateurs et environ deux millions de liens orchestrés, des chiffres à prendre comme un ordre de grandeur communiqué par la plateforme elle-même plutôt que comme un audit indépendant. Le principe reste cohérent avec sa méthode : transformer une pratique artisanale en un flux qu’on peut suivre et ajuster.
Faire grandir une agence de netlinking suppose de recruter vite des gens fiables. Dans une interview accordée à e-works.fr, Jimenez résume la difficulté : « En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi. » Sa réponse passe par la formation interne, l’embauche de juniors motivés et un process de décision qui prend parfois moins de 24 heures entre le premier échange et la réponse.
Une méthode transmise devant un public
Jimenez intervient régulièrement dans les événements SEO francophones. Le 7 avril 2023, il donne la conférence « La ténacité au service de la passion » à la Warehouse de Nantes, dans le cadre de Webisland. Il est aussi passé par SEO By Night à Orléans, un 13 avril, aux côtés de Romain Miikula pour la séance de questions, et propose par ailleurs des formations SEO.
Dans la communauté, il reste identifié sous le pseudonyme Korleon, hérité de son blog korleon.fr et de ses comptes Twitter @korleon38 puis @KorleonKBiz. Il a été invité du podcast SEO de Laurent Bourrelly, consultant actif depuis 2004, et compte 14 recommandations LinkedIn d’experts du secteur. Autant d’occasions de mettre sa méthode à l’épreuve devant des pairs, loin d’un rapport d’audit qui reste fermé dans un dossier partagé.